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Troisième journée de la Climate & Energy Week 2025 : L’adaptation menée localement, du principe à l’action

10<g id="1">th</g> September 2025 · Enda Third World · 5 min read

Au cœur de la troisième journée de la Climate & Energy Week 2025, organisée par ENDA Énergie et ses partenaires, l’attention est portée sur l’adaptation menée localement (LLA – Locally Led Adaptation) et son articulation avec le lancement de l’initiative LIFE-AR. Dans un contexte où le Sénégal, comme d’autres pays les moins avancés (PMA), fait face à une vulnérabilité climatique aiguë malgré une faible responsabilité historique, cette journée a exploré comment transformer les principes de l’adaptation locale en leviers concrets de résilience, de gouvernance et de financement.

The session was marked by the national launch of the LIFE-AR initiative (du moins DevelopedCountries Initiative for Effective Adaptation and Resilience), pilotée par le Ministère de l’Environnement et de la Transition écologique (METE). Présentée par Mme Diallo (METE), cette initiative vise à renforcer la résilience climatique des communautés vulnérables à travers une gouvernance inclusive, l’accès direct aux financements climatiques et la mise en œuvre de solutions fondées sur la nature. Elle s’inscrit dans la stratégie 2020-2030 du Groupe des PMA et repose sur un pacte de partenariat entre dix pays, dont le Sénégal, et onze partenaires de développement.

En complément, M. Issa Sarr (ENDA Énergie) a présenté le projet GA-LLA (GeneratingAmbition for Locally Led Adaptation), financé par les Country-Bas et coordonné par l’IIED. Prévu sur 2024-2028, ce projet place les communautés au centre de l’action climatique, à travers quatre volets : soutien direct à 20 initiatives locales, formation de 315 jeunes et femmes, production de connaissances et plaidoyer, ainsi que l’élaboration d’un guide pratique sur l’adaptation menée localement. L’objectif est de transférer le pouvoir de décision vers le niveau local, tout en assurant un ancrage institutionnel et un financement décentralisé.

The discussions highlighted the strong convergence between LIFE-AR and LLA, both of which are based on the active involvement of communities, the decentralization of resources and bottom-up governance. However, their effectiveness depends on two key conditions: local ownership of the concepts and their institutionalization at the national level.

On the one hand, participants stressed the need to translate and adapt the global principles of the LLA into accessible tools, visuals and local languages, so that they do not remain mere slogans. It is not enough to adopt international concepts; they must be “domesticated” so that they are understandable, usable and genuinely carried by populations.

D’autre part, il a été recommandé de mettre en place un cadre national de coordination – plateforme ou consortium – porté conjointement par le METE et le ministère des Collectivités territoriales, afin d’aligner les initiatives locales d’adaptation avec les politiques nationales telles que la CDN ou le PNA. Ce cadre permettrait également de clarifier les rôles institutionnels, de mutualiser les expériences et de faciliter la mise à l’échelle des bonnes pratiques.

Several participants questioned how to integrate endogenous and indigenous knowledge into climate policies. The discussions highlighted the need to protect the intellectual property rights related to this knowledge, to support communities in their development, and ultimately to create a dedicated national database, supported by technical partners.

La question des financements décentralisés a également été centrale. Malgré les engagements internationaux, près de 80 % des financements climatiques orientés vers l’Afrique n’atteignent pas les organisations locales, ou le font par des canaux complexes et peu adaptés. Les échanges ont plaidé pour la création de mécanismes endogènes de financement, incluant des micro-grants, des plateformes locales de gestion des fonds et une meilleure redevabilité au niveau communautaire.

Another point raised concerns the low representation of young people and French-speaking countries in international platforms such as CBA (Community Based Adaptation). The holding of a specific meeting for French-speaking countries was proposed, in order to strengthen their visibility and enrich the discussions with a transversal approach.

The major findings of this day reveal that global concepts of adaptation are often poorly understood or poorly adapted to local realities. Yet many Senegalese communities already apply, without naming them, some principles of locally driven adaptation. The challenge now is to document these practices, capitalize on the lessons learned and integrate them into national policies.

Parmi les perspectives clés, les participants ont appelé à une harmonisation des approches locales et nationales, à une institutionnalisation durable des cadres de coordination, et à une traduction pratique des concepts en actions concrètes. Les propositions incluent la mise en place d’une gouvernance multi-acteurs, l’encouragement de l’apprentissage par l’action (“learning by doing”), et le renforcement des capacités locales sur la gestion des risques climatiques.

Cette troisième journée a démontré que l’adaptation menée localement n’est pas seulement une approche conceptuelle, mais une réalité à ancrer institutionnellement et financièrement. Le Sénégal ouvre donc la voie à une résilience inclusive, où les communautés deviennent de véritables architectes des solutions climatiques, pour construire une adaptation enracinée dans les territoires, portée par les savoirs endogènes, soutenue par des financements décentralisés et alignée avec les politiques nationales.

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