Train, decide and act to sustainably transform territories
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Train, decide and act to sustainably transform territories

27 July 2026 · Enda Climate Week · 9 min read

Une politique climatique ne devient réellement utile que lorsqu’elle rencontre un territoire, ses institutions, ses ressources et les connaissances de celles et ceux qui y vivent. C’est autour de cette réalité que s’est ouverte, le 20 juillet 2026 à Dakar, la cinquième édition de la Climate & Energy Week organisée par ENDA ENERGIE et ses partenaires. Placée sous le thème général « Sustainably transforming our territories: knowledge, power, climate action », cette édition entend rapprocher la production de connaissances, la gouvernance, le financement et l’engagement citoyen afin d’accélérer la sobriété carbone, la résilience et la neutralité en matière de dégradation des terres.

Dedicated to education, training, financing and community actions, this first day focused on a key question: what place do we give to education in development planning and in preparing populations for climate change?

Discussions quickly shifted to issues that went far beyond awareness-raising. It is no longer enough to inform about the risks. Education systems must also promote behaviour change, develop appropriate skills and give citizens the ability to participate in decisions that affect their future.

Une interrogation formulée pendant les échanges a particulièrement marqué les esprits. Après nous être longtemps demandé quelle planète nous laisserons à nos enfants, nous devons aussi nous demander quels enfants nous laisserons à la planète. Cette inversion oblige à repenser la finalité de l’éducation climatique. Former les nouvelles générations revient à leur permettre de comprendre les interactions entre climat, énergie, biodiversité, ressources naturelles et développement économique.

It also means preparing them to arbitrate, propose solutions and assume responsibilities in a context where the choices made today will have lasting consequences.

The opening interventions recalled that the answers cannot be constructed separately for each of the international conventions.Pascal CORRÉA Program Coordinator in ENDA ENERGY :a summarizes this orientation by stating that"it is not a question of meeting each of the conventions, but rather of meeting the needs of the communities". International frameworks on climate, biodiversity and desertification must therefore converge towards coherent territorial responses. This approach avoids the fragmentation of interventions and puts people's concerns back at the centre of public policies.

Sustainable Chairman of RPRG COMNACC a structuré cette exigence autour de trois dimensions indissociables que sont la connaissance, la gouvernance et l’action. La première permet de comprendre les phénomènes, de documenter les vulnérabilités et d’identifier les réponses existantes. La deuxième organise la participation, la décision et la coordination entre institutions. La troisième traduit les stratégies en réalisations concrètes. Sans ce passage à la mise en œuvre, les plans, les engagements et les cadres réglementaires restent éloignés des difficultés vécues. Comme cela a été rappelé, les réponses au changement climatique ne se limitent pas aux salles de négociation. Elles se construisent aussi dans les échanges avec les communautés et dans la manière dont leurs priorités sont prises en compte.

Le premier panel a approfondi cette réflexion en examinant le dialogue entre acteurs communautaires, universités et centres de recherche dans la documentation des connaissances endogènes et locales. Les populations disposent d’informations précieuses issues de l’observation, de la mémoire collective et de l’expérimentation. Les changements dans les calendriers agricoles, la disponibilité de l’eau, la fertilité des sols, les ressources halieutiques ou encore l’évolution de la biodiversité sont souvent perçus et interprétés bien avant leur formalisation dans des études.

However, this knowledge remains insufficiently recognized in research mechanisms, educational content and planning mechanisms. Pierre Seni Thiaw, project manager at ENDA ENERGIE, zone suda rappelé à ce propos qu’« à ENDA ÉNERGIE, notre vocation est de mettre en avant les connaissances locales afin que les chercheurs fassent ce travail de vérification et de validation ». La démarche ne consiste donc pas à opposer science et expérience communautaire. Elle vise à les mettre en dialogue. Les méthodes scientifiques apportent la formalisation, la traçabilité et la vérification, tandis que les populations contribuent par leur connaissance quotidienne des milieux, des pratiques et des changements observés sur le long terme.

Cette collaboration doit toutefois éviter de réduire les communautés à de simples sources d’information. Leur participation doit couvrir toute la chaîne de production des connaissances, depuis l’identification des questions de recherche jusqu’à l’interprétation des résultats et leur utilisation. Une telle approche améliore la pertinence des travaux scientifiques, renforce leur appropriation et facilite leur traduction en solutions applicables. Elle permet également de conserver et de transmettre des pratiques qui risquent de disparaître lorsqu’elles ne sont ni documentées ni enseignées.

The second panel extended this reflection by focusing on the integration of local initiatives into development strategies. Documenting a practice is not enough if it remains absent from territorial diagnoses, development plans, public budgets and investment decisions. real challenge is to turn available knowledge into useful planning elements. This implies removing institutional, regulatory, normative and financial constraints that still limit their recognition.

L’intercommunalité et la co-construction ont été présentées comme des bases importantes de cette transformation. Les effets du dérèglement climatique dépassent les limites administratives d’une commune. La gestion d’un bassin versant, d’une zone côtière, d’un espace agricole ou d’un écosystème partagé exige donc une coordination entre plusieurs collectivités. La planification doit également associer les services techniques, les organisations communautaires, les chercheurs, les acteurs économiques ainsi que les femmes et les jeunes afin de mieux relier les politiques nationales aux réalités locales.

La question du financement a occupé une place centrale dans cette réflexion. Mme Niang, directrice de la DID, a insisté sur le lien entre résilience climatique et résilience économique. Une communauté dépourvue de ressources financières, d’activités économiques solides ou d’un accès suffisant aux services énergétiques dispose de capacités limitées pour anticiper les risques, protéger ses moyens d’existence et se relever après un choc. La durabilité exige par conséquent d’agir sur l’ensemble de l’écosystème, en associant protection de l’environnement, accès à l’énergie, création de revenus, infrastructures adaptées et inclusion sociale.

This reading is in line with the nexus approach mentioned by Secou Sarr, Secretaryexecutive of ENDA-TM. Water, energy and climate cannot be treated as independent sectors. Difficulty in accessing energy can reduce the irrigation, processing or preservation capacities of products. Increased pressure on water resources can undermine agriculture, livestock and health. The response must therefore anticipate these interactions and seek solutions capable of producing several benefits at once.

Secou Sarr a également placé le pouvoir d’agir au centre de la transformation recherchée. Une connaissance ne produit des résultats durables que lorsqu’elle permet aux populations de décider, d’influencer les politiques et de conduire leurs propres initiatives. Cette capacité suppose un accès à l’information, aux espaces de concertation, aux financements et aux institutions. Elle nécessite surtout une présence effective des femmes et des jeunes dans les processus de décision. Leur participation ne doit pas être symbolique. Elle doit leur permettre de contribuer à la définition des priorités, à l’allocation des ressources et au suivi des engagements.

The third panel examined the role of education and training in building eco-citizenship. The school appears here as a bridge between understanding, responsibility and practice. An education for change adapted climate cannot be based solely on theoretical content. It must be based on local realities, community experiences, practical exercises and concrete problem-solving. It must also concern the entire educational process, from early learning to higher education and vocational training.

Ababacar Lo, du ministère de l’Éducation nationale, a souligné la nécessité d’associer le ministère dès la conception des programmes destinés aux enfants et au secteur éducatif. Cette implication permet d’orienter les interventions, d’en assurer le suivi et de préserver les acquis après la fin d’un projet ou l’épuisement de son budget. Cette remarque touche à une faiblesse récurrente de nombreuses initiatives. Lorsqu’un programme reste extérieur aux institutions publiques, ses outils et ses résultats risquent de disparaître avec son financement. Leur intégration dans les curricula, les mécanismes de formation des enseignants et les dispositifs de suivi constitue donc une condition de pérennité.

À l’approche de la COP31 sur le climat et des COP17 sur la biodiversité et la désertification, les enseignements de cette journée ont également une portée internationale. L’Afrique doit défendre des positions fondées sur les expériences de ses communautés, les aspirations de sa jeunesse et les solutions développées localement. La qualité de cette contribution dépendra de la capacité des acteurs à documenter les pratiques, à les consolider par la recherche et à les traduire en propositions politiques crédibles.

Cette première journée a finalement donné un contenu concret au triptyque qui structure la Climate & Energy Week 2026. Le savoir permet de comprendre et de choisir. Le pouvoir donne aux populations et aux institutions les moyens de décider. L’action rend la transformation visible dans les conditions de vie, les services, les pratiques et les écosystèmes. Si l’un de ces éléments manque, les réponses restent incomplètes. A sustainable transition cannot succeed without capacity building, adapted funding, the involvement of local actors and a real institutionalization of approaches within the territories.

 

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