La quatrième journée de la Semaine Climat & Énergie 2025 a mis en avant la question de comment bâtir une transition énergétique qui soit à la fois rapide, inclusive et équitable ? Alors que le continent africain regorge de ressources naturelles stratégiques, il demeure confronté à une pauvreté énergétique criante. En effet, plus de 570 millions de personnes restent privées d’électricité et près d’un milliard utilisent encore des moyens de cuisson traditionnels, avec des impacts sanitaires et environnementaux majeurs. À cela s’ajoute un paradoxe profond : l’Afrique ne capte que moins de 2 % des investissements mondiaux dans les énergies renouvelables. C’est dans ce contexte que la parole a été donnée aux acteurs non étatiques (ANE) – syndicats, société civile, secteur privé et communautés de base – afin de décliner leurs besoins, perceptions et attentes face à une transition énergétique qui se veut non seulement durable, mais véritablement juste.

Les débats ont réuni des intervenants représentant syndicats, société civile, secteur privé et communautés de base. Samba Fall, d’ENDA ENERGIE, a rappelé que la transition énergétique doit, avant tout chose, être une opportunité économique pour le continent. Selon lui, les énergies propres offrent la possibilité de bâtir de nouveaux modèles de croissance mais ces perspectives restent peu accessibles aux entreprises locales, faute d’un cadre favorable. Il a insisté sur la nécessité d’adapter les stratégies de transition au contexte national, tout en misant sur la formation des jeunes pour les préparer aux métiers d’avenir. De son côté, AstouDiop, de CAJUST, a souligné que la justice et la durabilité ne sont pas encore garanties dans les pratiques actuelles. Elle a pris l’exemple de Saint-Louis, où l’exploitation du gaz naturel restreint les zones de pêche et compromet les activités agricoles, impactant directement les familles et les femmes transformatrices de poisson. Elle a insisté sur la nécessité d’informer et de sensibiliser les communautés, encore trop souvent tenues à l’écart des processus décisionnels, alors même qu’elles subissent les effets les plus directs des transitions.

La perspective syndicale a été portée par Babacar Sylla de la CNTS, qui a replacé la protection sociale au cœur de la discussion. Pour lui, la formalisation des contrats de travail et la création d’emplois décents sont des conditions indispensables pour que la transition énergétique bénéficie aux travailleurs et renforce la cohésion sociale. Cette approche a été complétée par Babacar Diouf de LSD, qui a mis en évidence l’importance de la transparence et de la participation communautaire. Ainsi a-t-il relevé des cas où des terres destinées aux populations affectées par les effets du changement climatique ont été réaffectées sans concertation, créant frustration et incompréhension. Enfin, selon Moustapha Diagne du SYNTICS de souligner qu’atteindre 40 % d’énergies renouvelables dans le mix énergétique ne signifie pas abandonner brutalement les installations thermiques. Il s’agit plutôt de progresser par étape, afin de préserver la capacité de production industrielle du pays tout en intégrant progressivement les énergies propres.

Les échanges avec l’assistance ont prolongé et enrichi ces interventions. Plusieurs questions récurrentes ont émergé, confirmant la nécessité d’un accompagnement solide. La formation d’une ressource humaine qualifiée est apparue comme une priorité, tant pour répondre aux exigences techniques de la transition que pour offrir des opportunités économiques aux jeunes. L’accès à l’information a également été jugé essentiel, afin que les différents acteurs puissent planifier à long terme et anticiper les mutations. Les discussions ont mis en avant la gestion des minerais critiques, indispensables aux technologies de transition comme le solaire photovoltaïque, et sur lesquels les données disponibles restent encore trop limitées. L’efficacité des études d’impact environnemental a aussi été interrogée, certains participants estimant qu’elles ne suffisent pas à garantir une véritable sauvegarde environnementale. Ainsi, si la participation des communautés est jugée indispensable, il reste à définir les mécanismes concrets qui leur permettraient d’être pleinement actrices de la transition.

Au terme des échanges, plusieurs constats majeurs se sont imposés. D’abord, les procédés actuels de transition énergétique sont jugés peu adaptés aux réalités africaines ; ce qui limite leur efficacité et leur appropriation. Ensuite, les communautés, bien que souvent marginalisées, doivent être considérées comme une partie de la solution et non comme de simples bénéficiaires. Enfin, il est apparu que le JETP reste trop enfermé dans les débats institutionnels, alors même que les populations concernées peinent à y trouver leur place. Ces constats ouvrent des perspectives critiques pour la planification des prochaines étapes, notamment en matière d’accès aux financements, de responsabilité sociale des entreprises et de gestion durable des minéraux critiques.

Les recommandations formulées à l’issue de la journée vont toutes dans le sens d’un renforcement du dialogue et d’une meilleure intégration des parties prenantes. La mise en place de plateformes d’intercommunalité voire d’inter-territorialité est apparue comme une piste prometteuse pour mutualiser les ressources et attirer les investisseurs. Le Haut Conseil du Dialogue Social a été appelé à jouer un rôle accru dans l’inclusion et la protection des communautés. Les principes de l’adaptation locale (LLA) ont été évoqués comme une base pour ancrer la transition écologique dans les réalités territoriales. Les participants ont aussi insisté sur la nécessité d’exiger des entreprises davantage de transparence, notamment à travers des plans de gestion environnementale et sociale. Enfin, l’importance d’une collaboration interministérielle et d’une réflexion africaine sur l’industrialisation adaptée au JETP a été largement partagée.

En définitive, cette quatrième journée a mis en évidence le fait que la transition énergétique ne peut être réussie qu’à condition d’être conçue comme un processus inclusif, transparent et adapté aux réalités locales. Elle ne doit pas être imposée de l’extérieur ou restreinte aux cercles institutionnels, mais co-construite avec l’ensemble des acteurs, de l’État aux communautés de base, en passant par les syndicats et le secteur privé. Seule une telle approche permettra de garantir que la transition énergétique soit véritablement juste et durable, et qu’elle devienne un levier de développement économique, social et environnemental pour le Sénégal et pour l’Afrique.

Au cœur de la troisième journée de la Semaine Climat & Énergie 2025, organisée par ENDA Énergie et ses partenaires, l’attention est portée sur l’adaptation menée localement (LLA – Locally Led Adaptation) et son articulation avec le lancement de l’initiative LIFE-AR. Dans un contexte où le Sénégal, comme d’autres pays les moins avancés (PMA), fait face à une vulnérabilité climatique aiguë malgré une faible responsabilité historique, cette journée a exploré comment transformer les principes de l’adaptation locale en leviers concrets de résilience, de gouvernance et de financement.

La session a été marquée par le lancement national de l’initiative LIFE-AR (Least DevelopedCountries Initiative for Effective Adaptation and Resilience), pilotée par le Ministère de l’Environnement et de la Transition écologique (METE). Présentée par Mme Diallo (METE), cette initiative vise à renforcer la résilience climatique des communautés vulnérables à travers une gouvernance inclusive, l’accès direct aux financements climatiques et la mise en œuvre de solutions fondées sur la nature. Elle s’inscrit dans la stratégie 2020-2030 du Groupe des PMA et repose sur un pacte de partenariat entre dix pays, dont le Sénégal, et onze partenaires de développement.

En complément, M. Issa Sarr (ENDA Énergie) a présenté le projet GA-LLA (GeneratingAmbition for Locally Led Adaptation), financé par les Pays-Bas et coordonné par l’IIED. Prévu sur 2024-2028, ce projet place les communautés au centre de l’action climatique, à travers quatre volets : soutien direct à 20 initiatives locales, formation de 315 jeunes et femmes, production de connaissances et plaidoyer, ainsi que l’élaboration d’un guide pratique sur l’adaptation menée localement. L’objectif est de transférer le pouvoir de décision vers le niveau local, tout en assurant un ancrage institutionnel et un financement décentralisé.

Les échanges ont souligné la forte convergence entre LIFE-AR et LLA qui reposent toutes lesdeux sur l’implication active des communautés, la décentralisation des ressources et une gouvernance ascendante. Toutefois, leur efficacité dépend de deux conditions clés que sont l’appropriation locale des concepts et leur institutionnalisation au niveau national.

D’une part, les participants ont insisté sur la nécessité de traduire et adapter les principes globaux du LLA en outils accessibles, visuels et en langues locales, afin qu’ils ne restent pas de simples slogans. Il ne suffit pas d’adopter des concepts internationaux ; il faut les “domestiquer” pour qu’ils soient compréhensibles, utilisables et réellement portés par les populations.

D’autre part, il a été recommandé de mettre en place un cadre national de coordination – plateforme ou consortium – porté conjointement par le METE et le ministère des Collectivités territoriales, afin d’aligner les initiatives locales d’adaptation avec les politiques nationales telles que la CDN ou le PNA. Ce cadre permettrait également de clarifier les rôles institutionnels, de mutualiser les expériences et de faciliter la mise à l’échelle des bonnes pratiques.

Plusieurs participants ont interrogé la manière d’intégrer les connaissances endogènes et autochtones dans les politiques climatiques. Les réflexions ont mis en avant la nécessité de protéger les droits de propriété intellectuelle liés à ces savoirs, d’accompagner les communautés dans leur valorisation, et de créer à terme une base de données nationale dédiée, soutenue par les partenaires techniques.

La question des financements décentralisés a également été centrale. Malgré les engagements internationaux, près de 80 % des financements climatiques orientés vers l’Afrique n’atteignent pas les organisations locales, ou le font par des canaux complexes et peu adaptés. Les échanges ont plaidé pour la création de mécanismes endogènes de financement, incluant des micro-grants, des plateformes locales de gestion des fonds et une meilleure redevabilité au niveau communautaire.

Un autre point soulevé concerne la faible représentation des jeunes et des pays francophones dans les plateformes internationales comme le CBA (Community BasedAdaptation). La tenue d’une rencontre spécifique pour les pays francophones a été proposée, afin de renforcer leur visibilité et d’enrichir les discussions par une approche transversale.

Les constats majeurs de cette journée révèlent que les concepts globaux d’adaptation sont souvent mal compris ou mal adaptés aux réalités locales. Pourtant, de nombreuses communautés sénégalaises appliquent déjà, sans les nommer, certains principes de l’adaptation menée localement. L’enjeu est désormais de documenter ces pratiques, de capitaliser les leçons et de les intégrer dans les politiques nationales.

Parmi les perspectives clés, les participants ont appelé à une harmonisation des approches locales et nationales, à une institutionnalisation durable des cadres de coordination, et à une traduction pratique des concepts en actions concrètes. Les propositions incluent la mise en place d’une gouvernance multi-acteurs, l’encouragement de l’apprentissage par l’action (“learning by doing”), et le renforcement des capacités locales sur la gestion des risques climatiques.

Cette troisième journée a démontré que l’adaptation menée localement n’est pas seulement une approche conceptuelle, mais une réalité à ancrer institutionnellement et financièrement. Le Sénégal ouvre donc la voie à une résilience inclusive, où les communautés deviennent de véritables architectes des solutions climatiques, pour construire une adaptation enracinée dans les territoires, portée par les savoirs endogènes, soutenue par des financements décentralisés et alignée avec les politiques nationales.

La deuxième journée de la Semaine Climat & Énergie 2025, organisée par ENDA Énergie en collaboration avec ses partenaires institutionnels et techniques, a permis d’approfondir trois axes stratégiques pour la résilience climatique : l’articulation entre pertes et dommages climatiques et protection sociale, le nexus énergie-agriculture comme levier de transformation locale, et la gestion circulaire des déchets à l’échelle territoriale. Les discussions ont fait émerger des constats clairs, mais aussi des perspectives et des solutions concrètes pour mieux anticiper les impacts du changement climatique et adapter les systèmes socio-économiques.

Le premier panel, consacré au nexus pertes et dommages (P&D) et protection sociale, a rappelé l’urgence de répondre aux effets irréversibles et progressifs du changement climatique. Les pertes observées au Sénégal sont multiples : disparition d’habitats et de zones culturelles du fait de l’érosion côtière, salinisation des terres agricoles comme à NDiébèneGandiole, ou encore effondrement de la biodiversité, avec une réduction drastique des zones de reproduction d’oiseaux dans le delta du fleuve Sénégal. Ces impacts, soudains ou à évolution lente, s’additionnent aux vulnérabilités socio-économiques existantes.

Face à ces défis, les systèmes de protection sociale adaptative apparaissent comme des leviers incontournables mais encore insuffisamment opérationnels. Leur faible couverture, la fragmentation institutionnelle, le manque de données fiables et l’absence de dispositifs de financement durable limitent leur efficacité. Les experts ont ainsi plaidé pour un meilleur ancrage des filets sociaux dans les mécanismes climatiques mondiaux, en mobilisant notamment le futur fonds international Pertes et Dommages.

Les recommandations ont insisté sur la nécessité de mettre en place des fonds d’urgence nationaux, de renforcer les systèmes d’alerte précoce inter-opérables, et d’assurer une concertation multi-acteurs pour relier protection sociale et gouvernance climatique. Le message central qui en ressort est donc que la protection sociale peut devenir un pilier de la résilience climatique, à condition d’être territorialisée, équitable et adossée à des financements adaptés.

Le deuxième point de discussion de la journée a porté sur le nexus énergie-agriculture, révélant les défis mais aussi les opportunités qu’offre une meilleure intégration des énergies renouvelables dans le secteur agricole. Les intervenants ont mis en évidence la persistance de fortes disparités dans l’accès à l’énergie entre zones rurales et urbaines, le coût élevé des équipements, la dépendance quasi-totale aux importations technologiques, ainsi que la difficulté pour les jeunes innovateurs à accéder à des financements adaptés.

Pourtant, des initiatives concrètes ouvrent la voie à une transformation durable. La solarisation des forages ruraux contribue à sécuriser l’accès à l’eau tout en réduisant la dépendance aux énergies fossiles. Des chambres froides solaires pilotes permettent déjà aux producteurs de la zone des Niayes de conserver leurs récoltes d’oignons et de pommes de terre, limitant ainsi les pertes post-récoltes. L’utilisation des déchets agricoles pour la production de compost et la régénération des sols s’impose comme une autre innovation à fort potentiel. Enfin, l’accompagnement technique et financier des jeunes et femmes porteurs de projets a permis de développer, localement, des technologies de pompage, de transformation ou de conservation, illustrant le potentiel d’un entrepreneuriat climatique inclusif.

Les débats ont insisté sur la nécessité de réformer les modèles économiques pour transformer les communautés de simples bénéficiaires en véritables entrepreneurs de la transition énergétique. Les participants ont également souligné l’importance des partenariats public-privé de type communautaire (PPPc), garants d’une gouvernance partagée et durable des projets. L’intégration de 40 % d’énergies renouvelables dans le mix énergétique national d’ici 2030 a été rappelée comme une cible stratégique, mais qui ne pourra être atteinte que si les collectivités territoriales sont accompagnées techniquement et institutionnellement dans la mise en œuvre de leurs plans de développement à composante énergétique.

La journée s’est poursuivie avec un dialogue interactif sur l’économie circulaire territorialisée, mettant en évidence les défis structurels de la gestion des déchets. Les collectivités font face à un transfert de compétences sans ressources suffisantes, à une gouvernance institutionnelle marquée par des chevauchements entre la SONAGED, le PROMOGED voire avec les Communes. S’y ajoute une faible sensibilisation des populations sur le potentiel économique des déchets. L’absence d’infrastructures adaptées pour le tri et le recyclage, combinée à une communication inappropriée et à une méfiance persistante entre acteurs, limite par ailleurs l’efficacité des initiatives locales.

Pourtant, plusieurs pistes innovantes émergent : la transformation des déchets organiques en biofertilisants et intrants agricoles, la mise en place de zones écologiques communautaires comme espaces de sensibilisation et d’expérimentation, et le développement de micro-jardinages urbains à base de compost pour améliorer la qualité de l’air et renforcer la sécurité alimentaire. Des expériences pilotes, notamment portées par le PROMOGED, montrent qu’il est possible d’implanter des unités de bio-solutions locales, capables de créer des emplois verts et de réduire l’empreinte environnementale.

Les recommandations ont mis en avant l’urgence de déployer les Points de Regroupement Normalisés (PRN) pour structurer la collecte à la base, de clarifier les rôles institutionnels, et de renforcer les capacités des élus, agents municipaux et communautés dans la gestion intégrée des déchets. Le consensus des participants a été de considérer les déchets non plus comme une contrainte, mais comme une ressource économique et écologique, au cœur d’une économie circulaire inclusive et territorialisée.

En clôture, cette deuxième journée a souligné que la résilience climatique se construit à partir des territoires, en connectant financements internationaux, savoir-faire locaux et gouvernance inclusive. Qu’il s’agisse d’ancrer la protection sociale dans les mécanismes de pertes et dommages, d’intégrer les énergies renouvelables dans l’agriculture ou de bâtir une économie circulaire fondée sur la valorisation des déchets, le seul enjeu est de donner aux communautés locales les moyens financiers, institutionnels et techniques de piloter leur propre adaptation.

La quatrième édition de la Semaine Énergie-Climat, co-organisée par ENDA Énergie, OXFAM, Natural Justice, Ford Foundation, CDKN, SSN, AACJ, GIZ, ACF et le Gouvernement du Sénégal, a démarré ce lundi 21 juillet 2025 à Dakar. Placée sous le thème : « Réinventons nos territoires pour faire face à l’urgence climatique dans une perspective de souveraineté économique en Afrique », cette édition se veut une impulsion stratégique dans la territorialisation de l’action climatique en Afrique, en général.

Les discours introductifs ont posé un cadrage politique solide. M. Emmanuel Seck, Directeur Exécutif d’ENDA Énergie, a insisté sur la nécessité d’ancrer les politiques climatiques dans les dynamiques territoriales, en soulignant que la CDN 3.0 ne pourra être effective que si elle est co-construite avec les Collectivités locales. Mme Khar Ndiaye, Directrice d’OXFAM Sénégal, a rappelé que l’Afrique paie un lourd tribut climatique qu’elle n’a pas causé, appelant à une meilleure prévisibilité et accessibilité des financements climat. Mme Sokhna Dié Ka, Directrice du Hub Sénégal de Natural Justice, a renforcé cet appel en insistant sur la reconnaissance des savoirs endogènes et la nécessité d’inclure les communautés vulnérables dans tous les processus décisionnels.

Le Ministre de l’Environnement et de la Transition Écologique, Pr Daouda Ngom, a souligné que cette Semaine s’inscrit dans la continuité du lancement officiel du processus de révision de la CDN, le 7 juillet dernier. Il a mis l’accent sur l’importance de la territorialisation comme levier de transformation, en interpellant les participants : « Nos territoires sont-ils prêts à porter l’ambition climatique du Sénégal ? »

Le second temps fort de cette matinée a été ponctué par un panel de haut niveau sur le rôle structurant des Collectivités dans la lutte contre le changement climatique. Les interventions ont convergé vers une même conclusion : l’architecture institutionnelle actuelle est insuffisamment outillée pour porter efficacement les plans climat locaux. M. Maguette Sène, Maire de Malicounda, a plaidé pour la mise en place d’un fonds climat local et une obligation légale de disposer de plans climat territoriaux. Mme Khadidiatou Mayécor Diouf, maire de Golf Sud, a insisté sur la nécessité d’une fiscalité verte et d’une participation citoyenne accrue, dans le cadre de la réforme en cours de l’Acte 4 de la Décentralisation.

Des représentants de la société civile tels que Mme Aïcha Dramé (ENDA ECOPOP) et M. Ousseynou Seck (IED Afrique), ont mis en lumière le décalage entre les ambitions climatiques et les capacités techniques et financières des Collectivités, en particulier en matière de mobilisation de financements climat, de nomenclature budgétaire adaptée et d’ingénierie territoriale. Le modèle de Décentralisation des Financements Climat (DFC) expérimenté à Fatick a été cité comme une bonne pratique à capitaliser.

Une session parallèle a permis d’explorer en profondeur les défis spécifiques aux zones insulaires et côtières, particulièrement vulnérables à l’érosion, à la salinisation et à la dégradation des écosystèmes comme les mangroves. Des chercheurs comme Pr Boubacar Fall et Cheikh Sadibou Dia ont démontré que ces zones requièrent des approches de gouvernance différenciées, fondées sur la culture locale, la concertation inter-villageoise, et la mise en place de cadres juridiques et réglementaires spécifiques. La création d’un réseau national des îles et la mise en œuvre de solutions basées sur la nature, telles que le reboisement et l’interdiction stricte de l’extraction de sable, ont été largement soutenues.

Un second panel interactif a approfondi les conditions de succès de la CDN 3.0, en soulignant l’urgence d’aligner les politiques climatiques nationales et territoriales. Mme Fatma Niang (METE), M. Ousseynou NDione, Mme NDeye Sagne (PACASEN) et plusieurs élus locaux ont insisté sur la nécessité d’une méthodologie commune, de la création de points focaux climat dans chaque collectivité, et de mécanismes de suivi-évaluation intégrés.

Le principe de subsidiarité a été au cœur des échanges : les collectivités ne doivent plus être de simples réceptacles, mais des acteurs structurants de la mise en œuvre climatique, avec des ressources propres, une reconnaissance institutionnelle forte et une capacité à capitaliser leurs acquis.

La masterclass animée par El Hadj Ibrahima Ndiaye, représentant de la Ville de Dakar, a mis en lumière l’importance des modèles de partenariat multipartites, illustrés par l’adhésion de Dakar au réseau C40 Cities. Il a présenté les projets climatiques structurants de Dakar, dont l’accompagnement à la planification de la Ville de Rufisque, démontrant ainsi la pertinence de coopérations intercommunales pour mutualiser les ressources et renforcer les capacités.

La première journée s’est conclue sur une dynamique constructive et réaliste : la transition climatique ne se fera pas sans une refonte des outils de gouvernance locale. La territorialisation ne doit pas être seulement un mot d’ordre politique, mais un processus soutenu par des mécanismes financiers adaptés, des capacités renforcées et un cadre légal cohérent.

Alors que le Sénégal s’engage dans une nouvelle phase de sa planification climatique avec la CDN 3.0, cette journée a permis de réaffirmer que les territoires sont le point d’ancrage de la résilience climatique. Les Collectivités territoriales doivent en être les architectes pleinement reconnus et appuyés.

La troisième édition de la Semaine Climat organisée par ENDA ENERGIE a débuté le lundi 1er juillet 2024 à Saly, avec une ambition renouvelée de promouvoir la transition juste et durable. Sous le thème « Actions locales pour une sobriété carbone et une résilience climatique », cette édition se veut un cadre d’échange et de partage d’expériences, axé sur la consolidation des efforts pour une action climatique inclusive et coordonnée. Les négociations climatiques de la COP28 à Dubaï ont souligné l’importance d’une transition juste pour lutter contre le réchauffement climatique, appelant les pays à adapter leurs stratégies nationales en fonction de leurs contextes spécifiques, afin de répondre efficacement aux objectifs de l’Accord de Paris.
ENDA ENERGIE, avec ses partenaires tels qu’OXFAM, NATURAL JUSTICE, a organisé cette semaine pour encourager les acteurs non étatiques (ANE) à soutenir les pays dans la mise en œuvre de politiques de sobriété carbone, équitables et inclusives. L’événement vise à promouvoir les solutions locales et à valoriser les bonnes pratiques pour lutter contre les effets néfastes du changement climatique. Les objectifs principaux de cette semaine du Climat et de l’Energie sont de partager des informations et des connaissances sur les réalisations des acteurs non étatiques, de faire le point sur les négociations climatiques et d’en détailler les enjeux du global au local, et de formuler des positions et une feuille de route commune en direction de la COP29.
La première journée a mis en lumière le rôle des Collectivités Territoriales (CT) dans la gestion des ressources naturelles, la planification urbaine et la mise en œuvre de politiques environnementales. Cependant, ces collectivités territoriales font face à plusieurs contraintes telles que des capacités financières limitées, une décentralisation incomplète et un accès difficile aux financements internationaux. Cette première session a abordé la faisabilité et les modalités de mise en place d’un mécanisme national de finance climatique pour soutenir la résilience locale. Le panel, réunissant Aliou Diouck, Mamadou Ndiaye et Simon Sambou, a discuté de la possibilité d’un mécanisme national de financement climatique avec un cadre de gouvernance optimal pour les collectivités territoriales. Ils ont souligné l’importance d’établir des mécanismes financiers appropriés pour soutenir les stratégies locales d’atténuation et d’adaptation. Les discussions ont mis en avant la nécessité d’un cadre de gouvernance efficace pour gérer ces fonds et garantir leur utilisation optimale pour renforcer la résilience locale.
Le panel avec David Diatta et Benjamin Djeukoua, a exploré les raisons pour lesquelles les CT ne se positionnent pas encore sur le marché du carbone, malgré les opportunités offertes par les écosystèmes locaux. Ils ont discuté des obstacles à l’intégration de ces dernières dans ce marché et des solutions potentielles pour surmonter ces défis. La journée a également inclus des présentations sur les expériences de Pacte Social dans la zone Sud, présentées par Pierre Thiaw. Ces pactes sociaux, établis au niveau des communes, visent à mobiliser les dynamiques locales autour des Plans de Développement Communal (PDC) pour stimuler et accompagner la projection des CT, avec un accent particulier sur des engagements précis pour atteindre les Objectifs de Développement Durable (ODD).
Enfin, des représentants des régions de Kolda et de la Petite-Côte ont partagé leurs témoignages, enrichissant les discussions avec des exemples de mise en œuvre de pactes sociaux et de stratégies de développement durable. Les participants ont discuté des succès et des défis rencontrés, mettant en avant la nécessité de collaboration et de soutien continu pour réaliser des progrès significatifs. L’un des conseils de Sécou SARR, secrétaire exécutif d’ENDA TIER-MONDE, a été de « renforcer les capacités techniques et institutionnelles des collectivités territoriales pour qu’elles puissent mieux accéder et gérer les financements climatiques. » Ceci a résonné tout au long des discussions, soulignant l’importance de l’autonomisation locale dans la lutte contre le changement climatique.
Les échanges et les partages d’expériences au cours de cette semaine seront déterminants pour renforcer les capacités locales et encourager une transition vers des sociétés plus sobres et résilientes.

Les effets du changement climatique retrouvent dans tous les secteurs de la vie et dans toutes les localités du monde. La santé n’est pas épargné par ce phénomène qui a fini de s’imposer à toute l’humanité. C’est pour que sa troisième journée la semaine du climat de Enda Energie prend en charge dans ses réflexions cet aspect qui inquiètes plus d’un spécialiste.

A l’ouverture de la session dédié à la problématique climat-santé, le secrétaire exécutif d’Enda Energie, est revenu sur le lien entre ces deux concepts qui sont au cœur de l’existence de l’homme sur terre.

« La thématique Climat-Santé cherche à mettre en évidence les points de jonction entre le climat et la santé. La question du climat n’est pas uniquement une question qui touche l’environnement, elle touche tous les secteurs » explique Emmanuel Seck.

Et selon Libasse Ba comité national changement climatique (COMNACC) « la santé est une priorité dans la CDN du Sénégal. Après s’être engagé auprès de la communauté internationale, le Sénégal a marqué le secteur de la santé par des études prospectives importantes ».

Et Barnabé Ngning, le représentant du ministère de la santé « les enjeux du climat sur la santé sont familiers au ministère de la santé qui dispose d’un comité climat -santé. Lors de la COP en 2023 la santé a fait l’objet d’une journée ».

Cette relation climat-santé est plus mis en exergue par la hausse de température qui des conséquences non négligeables sur santé des populations.

« Le phénomène de hausse des températures a des conséquences sur la prévalence de la malnutrition. Si rien n’est fait et avec des températures de 1,5 ° à 2,5 °, cette malnutrition va affecter le secteur de la santé » ajoute Libasse Ba.

Au Sénégal cette vague de chaleur se fait ressentir sur deux périodes précise selon Mme Bathily de l’ANACIM. « Cette problématique de vague de chaleur se déroule généralement entre mars et juin ainsi qu’entre octobre et novembre » révèle-t-elle avant de préciser « une vague de chaleur n’a pas le même impact sanitaire à Dakar qu’à Matam ».

C’est pourquoi explique Mamadou Ndong Touré de l’ONG Save The Children « un infirmier à Kédougou doit être formé de telle sorte qu’il puisse reconnaître les liens entre les effets climatiques et certaines pathologies ».

Cependant Antoine Faye, membre du COMNACC met un bémol à tout cela et estime « les vagues de chaleurs ne sont pas un problème pour nous, nous devons par contre faire focus sur la lutte contre le paludisme ».

Par Abdou Karime LO

Source

http://www.galsen7.com/2024/07/semaine-du-climat-limpact-du-climat-sur.html?m=1

La troisième semaine climat a démarré ce lundi 01 juillet 2024 à Saly. Cette initiative de Enda Energie a pour thème « actions locales pour une sobriété carbone et une résilience climatique ». Cette activité se tient à quelque mois de la tenu de de la COP 29 qui va se tenir à à Bakou.

« Nous avons beaucoup de travail à accomplir avant Bakou si nous voulons que la COP29 apporte ce dont nos peuples ont besoin » a lancé le secrétaire exécutif de Enda Energie.

Et selon Emmanuel Seck « il faut que les parties passent à la vitesse supérieure et assument leurs responsabilités en matière d’action et de soutien. La crise climatique est un problème mondial qui exige une réponse coopérative ».

« La solidarité est vitale ; nous ne pouvons pas y faire face seule. C’est tout l’enjeu de cette semaine climat pour mobiliser aussi bien les acteurs locaux que les acteurs régionaux pour co-construire des solutions durables adaptées aux attentes des communautés, mais aussi élaborer une stratégie d’influence politique en vue de la COP 29 » explique-t-il.

Abordant sur la même registre, Sécou SARR, secrétaire exécutif d’ENDA Tiers Monde estime que « la société Sénégalaise, à l’image de celle des pays du sud, souffrent des effets des changements climatiques compte tenu de leur niveau élevé de vulnérabilité. Il faut agir plus vite et maintenant. D’où l’exigence de construction de nouvelles trajectoires tenant compte à la fois des besoins urgents et futurs. »

Les travaux de cette semaine climat vont se poursuivre jusqu’au samedi 06 juin autour de la promotion des solutions locales et à la valorisation des bonnes pratiques de lutte contre les effets néfastes du changement climatique.

Par Abdou Karime LO

Source: http://www.galsen7.com/2024/07/enda-climate-week-une-semaine-reflexion.html

La première journée de la semaine du climat organisée par Enda Energie a réuni des experts pour discuter de la possibilité d’un mécanisme national avec un cadre de gouvernance optimal pour les collectivités territoriales. Le diagnostic du financement vert dans ces collectivités a été un point central des débats.

Mamadou Ndiaye, de l’Agence de Développement Municipale, s’est réjoui de la dynamique en cours pour soutenir les collectivités territoriales face aux effets du changement climatique. Toutefois, il a identifié la nomenclature budgétaire comme le principal obstacle à l’accès des collectivités aux financements verts. Selon lui, « nous avons une nomenclature budgétaire qui date de 1972, et elle est désormais obsolète ».

Aliou Ndiouck, de la ville de Pikine, a souligné la faiblesse des collectivités territoriales dans la mise en place de plans climatiques. Il a insisté sur la nécessité de renforcer les capacités organisationnelles et financières des collectivités, affirmant que « ce n’est qu’à cette condition que la décentralisation aura un impact réel sur les populations ».

Simon Sambou a proposé l’instauration d’un nouveau mécanisme de financement pour les collectivités territoriales. « Il est impératif de créer un nouveau mécanisme de financement permettant aux collectivités territoriales de disposer d’un budget axé sur le climat », a-t-il suggéré.

Par Ankou SODJAGO

source: https://senego.com/climat-vers-un-mecanisme-national-vert-pour-les-collectivites-territoriales_1717389.html

La troisième semaine dédiée au climat a débuté le lundi 1er juillet 2024 à Saly, sous l’égide de Enda Energie. Cette initiative se concentre sur le thème « Actions locales pour une sobriété carbone et une résilience climatique », préparant le terrain à quelques mois de la COP 29 prévue à Bakou.

« Nous avons beaucoup de travail à accomplir avant Bakou si nous voulons que la COP29 réponde aux besoins de nos peuples », a souligné le secrétaire exécutif de Enda Energie.

Emmanuel Seck a ajouté : « Il est impératif que les parties accélèrent et assument leurs responsabilités en matière d’action et de soutien. La crise climatique est un défi global qui nécessite une réponse collective. »

« Il est essentiel de promouvoir la solidarité ; nous ne pouvons pas relever ce défi seuls. C’est là tout l’objectif de cette semaine climat : mobiliser tant les acteurs locaux que régionaux pour co-construire des solutions durables adaptées aux besoins des communautés, tout en élaborant une stratégie d’influence politique en vue de la COP 29 », a-t-il expliqué.

Dans le même registre, Sécou Sarr, secrétaire exécutif d’ENDA Tiers Monde, a souligné que « la société sénégalaise, tout comme celles des pays du Sud, subit les effets dévastateurs des changements climatiques en raison de sa grande vulnérabilité. Nous devons agir rapidement et dès maintenant, en construisant de nouvelles trajectoires qui répondent aux besoins immédiats et futurs. »

Les travaux de cette semaine climat se poursuivront jusqu’au samedi 6 juillet, axés sur la promotion des solutions locales et la valorisation des bonnes pratiques pour lutter contre les effets néfastes du changement climatique.

Par Ankou SODJAGO

source: https://senego.com/changements-climatiques-au-senegal-vers-une-sobriete-carbone-durable-et-une-resilience-accrue_1717456.html